L'ACTUALITÉ

Accréditation

31 janvier 2013

Ces contre-vérités et approximations qui faussent le débat

PARIS, Le 31 janvier 2013. L’article paru hier dans le quotidien Le Figaro (page 11) sur l’accréditation et les laboratoires de biologie médicale ne peut que laisser les biologistes médicaux stupéfaits.
Ne reprenant que les thèses des réseaux de laboratoires appartenant à des investisseurs financiers, il aligne les approximations et les contre-vérités, passant totalement à côté des enjeux du débat sur l’accréditation. En effet, être accrédité est une chose. Avoir des laboratoires capables de prendre en charge les patients pour leurs besoins sur l’intégralité du territoire en est une autre/

La France timorée en matière d’accréditation ?

La France est le seul pays des vingt-sept de l’Union à rendre l’accréditation obligatoire. L’information contenue dans l’article est donc trompeuse. Dans les autres pays, elle n’est que facultative.

Sur les 4 000 Laboratoires environ (pré Ordonnance de 2010) seuls 150 à 200 (en particulier les petites structures de proximité) seraient en difficulté si le calendrier actuel et les modalités de l’accréditation obligatoire étaient maintenus en l’état. Cette question ne se pose pas, par définition, pour les autres pays européens, puisque la démarche y est strictement volontaire. Il n’y a donc dans ces pays et contrairement au nôtre, aucun effet-couperet.

Le problème de l’accréditation ne serait qu’une question de qualité des analyses ?

La démarche d’accréditation porte sur la totalité des trois phases de l’examen de biologie médicale, phase pré-analytique, analytique et post-analytique.

L’accréditation, partielle dans un premier temps, impose que soient accréditées tant la phase pré-analytique (prise en charge de la prescription, prélèvement et préparation des échantillons) que la phase post-analytique (compte rendu et interprétation des résultats après validation). Ainsi, même une accréditation partielle impose que les procédures tant de la phase pré-analytique que de la phase post-analytique soient intégralement validées, dès le premier palier de 50%. Ici encore, la présentation faite, dans cet article, des enjeux pour la politique de santé publique de l’accréditation est biaisée.

La montée en puissance ne concerne donc, essentiellement, que les spécificités de la phase analytique de l’examen considéré, plus globalement du sous-domaine ou de la famille d’analyses considérée.

Or, d’un point de vue qualitatif, ainsi qu’en dispose la norme 15189, la phase pré-analytique constitue un maillon essentiel sur la voie d’une plus grande qualité. à titre d’illustration, le délai de prise en charge des échantillons (entre le prélèvement et l’analyse proprement dite) peut être déterminant. Si un tel délai n’est pas maîtrisé, certains examens de biologie déterminants en termes de diagnostic ou de suivi verront leur interprétation impossible voire même erronée avec des répercussions irréversibles pour la santé du patient. Il en est ainsi, par exemple, du dosage du potassium, notamment utilisé dans le suivi des patients cardiaques.

L’accréditation, seul gage d’une offre de soins de qualité ?

Il convient alors d’interroger les tenants de la concentration des plateaux techniques (aux fins de maximalisation des marges) sur les conséquences « qualitatives » d’une telle politique. Elle va rendre impossible la réalisation, dans les territoires, de certains examens, même par de grands laboratoires accrédités… être accrédité est une chose. Avoir des laboratoires capables de prendre en charge les patients, pour leurs besoins, et ce sur l’intégralité du territoire, en est une autre.

Enfin, l’accréditation obligatoire, mais à un rythme raisonné, doit permettre d’inclure l’ensemble des personnels de santé dans le processus d’accréditation. Le SDB, qui a une vision globale, positive et constructive de l’ensemble de la chaîne de soins, a été le premier syndicat à conclure une convention-cadre avec les représentants des infirmiers libéraux pour une montée qualitative de la phase pré-analytique, en particulier la prise en charge du patient et le prélèvement.

Date de la dernière modification : 19 mars 2026

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