“Prévenir l’insuffisance rénale : un enjeu vital pour les patients et pour le système de santé”

Journée mondiale du Rein : Les biologistes médicaux des laboratoires privés et publics, aux côtés des médecins généralistes, des néphrologues et des associations de patients, mobilisés pour un dépistage précoce et efficace de la Maladie Rénale Chronique.

À l’occasion de la Journée Mondiale du Rein du 12 mars, les professionnels de santé (biologistes médicaux, médecins généralistes et néphrologues) et les représentants des patients réaffirment leur engagement total dans la lutte contre la Maladie Rénale Chronique (MRC), une pathologie silencieuse qui touche plusieurs millions de personnes en France. Ils rappellent que les biologistes médicaux au sein des laboratoires de biologie médicale privés et publics jouent un rôle déterminant dans son dépistage précoce, suivi et orientation des patients, au cœur d’un enjeu majeur de santé publique.

Une maladie silencieuse, un enjeu national majeur

La MRC progresse souvent sans symptômes, jusqu’à des stades avancés où les options thérapeutiques se réduisent. Chaque année, des milliers de patients entrent en dialyse ou nécessitent une transplantation, pour un coût estimé à environ 4,5 milliards d’euros pour le système de santé (1)(2).

Pourtant, les données scientifiques sont claires : un dépistage précoce permet de ralentir significativement la progression de la maladie, d’améliorer la qualité de vie des patients et de réduire les dépenses de santé évitables (3).

Les biologistes médicaux en laboratoire, acteurs clés du dépistage et du parcours de soins

Les biologistes médicaux sont en première ligne aux côtés des cliniciens pour repérer les patients ayant une atteinte rénale débutante. Grâce aux recommandations actualisées de la Haute Autorité de Santé (HAS) et aux travaux interprofessionnels menés avec les néphrologues, les médecins généralistes et les associations de patients, les laboratoires de biologie médicale disposent aujourd’hui d’outils performants et harmonisés :

  • Le calcul du Débit de Filtration Glomérulaire (DFG), indispensable pour évaluer la fonction rénale (4).
  • Le dosage du rapport albuminurie/créatininurie (RAC), marqueur précoce et spécifique de l’atteinte rénale (5).
  • Le score prédictif de risque rénal (KFRE / S2R), permettant d’anticiper le risque d’évolution vers l’insuffisance rénale terminale et d’optimiser l’orientation vers le médecin traitant ou le néphrologue (6).
  • La classification KDIGO, référence internationale pour stratifier la sévérité de la maladie (7).

Ces outils, intégrés dans les systèmes d’information des laboratoires, permettent une évaluation fine, personnalisée et médicalement validée du risque rénal.

Une mobilisation nécessaire pour un dépistage plus large et plus efficace

Les représentants soutiennent pleinement les initiatives visant à :

  • Renforcer le dépistage ciblé chez les personnes à risque : diabète, hypertension, maladies cardiovasculaires, obésité, antécédents familiaux, âge > 60 ans.
  • Faciliter l’ajout personnalisé du RAC lorsqu’un DFG < 60 mL/min est détecté ou que la personne est atteinte de certaines pathologies, conformément aux recommandations HAS.
  • Actualiser la nomenclature des actes de biologieen coordination avec l’Assurance Maladie afin de généraliserces dépistages auprès des populations à risque en accord avec les recommandations HAS.
  • Accélérer l’harmonisation des comptes-rendus biologiques, incluant DFG avec courbe, RAC, score S2R, interprétations et recommandations d’orientation.
  • Améliorer la coordination avec les médecins traitants,
  • Inscrire le dépistage de la maladie rénale chronique dans les bilans de prévention à différents âges clés de la vie, et permettre sa réalisation dans certaines conditions selon les recommandations des sociétés savantes et de la HAS.

L’enjeu est clair : permettre à chaque patient d’accéder à un dépistage complet, sans retard ni obstacle administratif.

Un impact majeur pour la santé publique

Les bénéfices attendus sont considérables :

  • Détection plus précoce des patients à risque.
  • Amélioration de la pertinence du parcours de soins permettant l’orientation plus fine des patients réellement à risque en néphrologie. Au Canada, l’utilisation du KFRE a permis de réduire de près de 65% le recours aux consultations spécialisées, sans compromettre la sécurité du suivi (6).
  • Modifier les parcours d’entrée en dialyse, grâce à une prise en charge anticipée.
  • Économies substantielles pour l’Assurance Maladie : jusqu’à 1,3 milliard d’euros par an, selon les estimations issues des expériences internationales (8).

Les biologistes médicaux au sein des laboratoires sont pleinement engagés pour faire de cette stratégie une réalité, aux côtés des autres professionnels de santé, et au service des patients et de la prévention.

La Journée Mondiale du Rein : informer, dépister, prévenir

Durant cette période les biologistes médicaux des laboratoires participants proposeront :

  • des actions d’information auprès du public,
  • des dépistages ciblés à titre gratuit,
  • des échanges pédagogiques avec les patients,

Nous appelons l’ensemble des biologistes médicaux des secteurs privés et publics à s’impliquer, et l’ensemble des citoyens à profiter de cette période pour s’informer et, si nécessaire, se faire dépister.

Ensemble, faisons reculer la maladie rénale chronique

La Journée Mondiale du Rein est l’occasion de rappeler que la prévention est notre meilleure arme contre la Maladie Rénale Chronique.

Les biologistes médicaux, aux côtés des médecins généralistes, des néphrologues et des associations de patients, réaffirment leur engagement pour un dépistage accessible, fiable et coordonné.

Bibliographie

  1. Assurance Maladie 2023
  2. Cour des comptes. L’insuffisance rénale chronique terminale : une prise en charge à réformer au bénéfice des patients. Février 2020
  3. Kidney Health Australia. Changing the chronic kidney disease landscape: The economic benefits of early detection and treatment. 2023
  4. Levey AS, Stevens LA, Schmid CH, et al. A new equation to estimate glomerular filtration rate. Annals of Internal Medicine. 2009;150:604-612.
  5. Haute Autorité de Santé (HAS). Guide du parcours de soins – Maladie rénale chronique de l’adulte (MRC).2023
  6. Tangri N, et al. Implementation of the Kidney Failure Risk Equation reduces nephrology referrals. 2020
  7. KDIGO 2022 Clinical Practice Guideline for the Evaluation and Management of Chronic Kidney Disease. Kidney International Supplements. 2013;3(1):1-150.
  8. Deloitte. Étude médico-économique sur l’impact du dépistage précoce de la MRC.2023

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