L’enjeu est majeur : dépister et diagnostiquer les cancers plus tôt, avec fiabilité, afin d’optimiser les prises en charge, d’améliorer les chances de guérison et de lutter plus efficacement contre la maladie. Cette précocité est non seulement déterminante sur le plan médical, mais constitue également un levier essentiel de soutenabilité pour notre système solidaire de prise en charge des soins et des traitements.
Les biologistes réalisent des examens biologiques concernant de nombreuses pathologies, dont des cancers, et sont experts en matière de prévention. Aux côtés des représentants des patients et de l’ensemble des professionnels de santé impliqués dans la lutte contre le cancer, ils appellent à une mobilisation collective pour que les innovations pertinentes et les organisations de dépistage les plus efficaces puissent être mises en œuvre sans restriction et sans délai.
Plusieurs évolutions concrètes pourraient contribuer, dès à présent pour certaines, à renforcer l’efficacité des politiques de dépistage et de diagnostic des cancers :
- Cancer colorectal : tous les professionnels de santé en contact avec les patients et en capacité d’en assurer la logistique devraient pouvoir distribuer les kits de dépistage. Les biologistes et leurs équipes, qui accueillent chaque jour des centaines de milliers de patients dans leurs laboratoires, ne peuvent toujours pas assurer cette délivrance, malgré l’accord signé avec la Cnam le 20 décembre 2024.
Cette innovation organisationnelle est simple, opérationnelle et immédiatement mobilisable : il est temps de passer à l’acte.
- Cancer du col de l’utérus : les biologistes réitèrent leur appel à un choc de simplification du dépistage, formulé avec l’ensemble des parties prenantes le 26 janvier dernier, avec un « module d’éligibilité » des femmes à dépister, consultable par les professionnels de santé, dont les biologistes. Aujourd’hui, près de 40 % des femmes ne sont pas ou insuffisamment dépistées, alors même que des solutions existent. La distribution des vaccins doit également enfin être possible en laboratoire afin d’augmenter la couverture vaccinale contre le HPV. Après les mots, il faut des actes.
Les biologistes sont pleinement prêts à jouer leur rôle dans une organisation renouvelée du dépistage du cancer du col de l’utérus. Osons l’innovation organisationnelle : les femmes seront les premières bénéficiaires.
- Autres cancers : certains examens d’oncologie, pourtant recommandés et permettant le dépistage précoce de nombreux cancers, ne sont toujours pas accessibles à la population et ne sont pas remboursés à ce jour.
Autant d’innovations que les biologistes médicaux sont prêts à déployer au quotidien, au plus près des patients, sur l’ensemble du territoire, pour renforcer l’efficacité de la lutte contre le cancer et améliorer durablement la santé publique.