L'ACTUALITÉ

Edito : Nous avons besoin de décisions claires

23 juillet 2012

Biologie Médicale n° 96? Juillet 2012
Edito par FRANçOIS BLANCHECOTTE, Président du SDB

L'alternance politique permettra-t-elle de débloquer la situation de la biologie médicale ? J'aimerais tellement pouvoir répondre avec certitude et confiance. Mais aujourd'hui, rien ne me permet d'affirmer que les paroles de soutien et l'écoute que nous avons eues de la part des nouveaux gouvernants lors des premiers contacts se traduiront rapidement par des avancées positives pour notre profession.

bm96 francois blanchecottePour les pouvoirs publics, la biologie médicale n’est plus un dossier prioritaire et cela nous a été dit clairement. Une position incompréhensible et inacceptable pour nous qui sommes dans une situation intenable. En effet, cela fait quatre ans que nous sommes dans le flou et les incertitudes ; cela fait quatre ans que nous assistons à un jeu de dupes. Officiellement, on nous affirme que la France tient à son modèle de biologie médicale de proximité porté par les biologistes libéraux. Mais toutes les mesures prises créent les conditions du développement de grands groupes de biologie médicale soutenus par des acteurs purement financiers. Loin d’unifier et de renforcer la profession, les décisions des pouvoirs publics de ces derniers mois (DPC séparé, non-publication de l’arrêté de désignation des membres des URPS de biologistes, baisse continue et systématique des tarifs…) vont en sens inverse.

Résultat, nous vivons tous la situation comme une mise en cause profonde de notre profession. Qu’elle ait acquis un haut niveau de compétences, qu’elle soit reconnue comme une spécialité médicale à part entière, qu’elle ait fait depuis des années des efforts considérables en matière de démarche qualité et de formation continue, qu’elle ait un rôle central dans plus de 70 % des diagnostics, qu’elle assure une offre de soins de proximité de qualité, qu’elle soit, proportionnellement au nombre de ses membres, l’employeur le plus important parmi les entreprises libérales de santé, qu’elle doive faire des investissements très importants pour respecter des normes  et des contraintes de plus en plus fortes… : tout cela n’est à l’évidence pas pris en compte. Pourtant, ces éléments devraient aisément légitimer aux yeux de nos interlocuteurs notre besoin de stabilité et de visibilité à moyen terme.

Pendant des années, les biologistes ont pu constater que leur bonne volonté et leur attitude constructive n’ont pas été récompensées à leur juste valeur. Alors oui, notre ton face aux pouvoirs publics est aujourd’hui ferme et parfois vif. Mais il ne s’agit pas pour nous de discussions de salon mais bien de la survie de nos entreprises, de notre profession et, plus largement, de l’offre de biologie médicale de proximité. Il est donc essentiel que nos nouveaux dirigeants prennent conscience de cette réalité, débloquent la situation par des actions claires quant à la place de l’exercice libéral dans l’offre de biologie médicale et traitent l’ensemble des dossiers avec cohérence.

Nous ne voulons pas, nous ne pouvons plus revivre un 4 août 2011 où tout a basculé, où tout ce qui avait été négocié dans le cadre de la proposition de loi Fourcade a été rejeté par un Conseil constitutionnel sûr de son droit mais peu concerné par les conséquences de sa décision. Arrêtons le gâchis.

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Dernière modification le mercredi, 22 juillet 2015