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30 mars 2022

VIH TEST : Témoignage d'un biologiste libéral, affiche et procédure Cnam Spécial

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Depuis le 1er janvier dernier, dans le cadre de l’opération VIH Test, les patients qui le souhaitent peuvent effectuer gratuitement, sans ordonnance ni rendez-vous, un test VIH dans tous les laboratoires de biologie médicale du territoire. Un dispositif simple et efficace, comme l’explique Jérémie Corneille, biologiste médical en Paca au sein de Biogroup, et membre du CA du SDB. Il a fait partie des biologistes médicaux qui ont expérimenté le dispositif pendant trois ans. Il nous livre son retour d’expérience. 

Est-il compliqué pour un laboratoire de mettre en place VIH Test ?

Jeremie Corneille

Jérémie Corneille : Non, vraiment pas.

Les patients viennent au laboratoire et sont pris en charge par les secrétaires de manière simple et rapide, sur la base d’un médecin prescripteur fictif et d’une ordonnance fictive créés par la Sécurité sociale. Il suffit de les paramétrer dans le système informatique du laboratoire. C’est en effet ce document qui est utilisé pour être remboursé. Pour les laboratoires, cela n’induit donc aucun changement sur le plan administratif.

A noter que sur ce plan, le VIH Test est exactement la réplique de ce qui a été mis en place pour le dépistage de la Covid-19. 

Comment a lieu l’annonce du résultat ?

 J.C. :En cas de sérologie négative, le patient reçoit un compte-rendu soit papier, soit dématérialisé par mail sur le serveur de résultats. En cas de sérologie positive détectée dans le cadre de VIH Test, le patient est obligatoirement reçu par le biologiste médical qui apprend donc à la personne la mauvaise nouvelle. Pour rappel, lorsque le patient est muni d’une ordonnance de son médecin traitant prescripteur, c’est à ce dernier qu’il revient d’annoncer au patient qu’il a été contaminé. Et ce, après en avoir été informé par le biologiste. C’est également le médecin qui se charge, en concertation avec le patient, de prendre rendez-vous avec un infectiologue. Là, en l’absence de médecin prescripteur, ce qui est le propre de VIH Test, l’annonce est donc du ressort du biologiste.

A lui de se débrouiller ?

J.C. : Non. Il n’est absolument pas livré à lui-même. Afin de l’épauler mais également d’optimiser l’accompagnement du patient dans la démarche de soins (prise de rendez-vous avec un infectiologue, une association dédiée, un psychologue…), chaque région a mis en place un « navigateur » que le biologique est censé contacter par téléphone.


Ledit navigateur varie selon les régions…

J.C. : C’est vrai. Il n’y a pas d’uniformité au niveau national, par exemple, un numéro vert, alors que cela était prévu à l’origine du projet. Le ministère de la Santé n’a pas réussi à l’imposer aux ARS. Chacune a donc désigné son propre navigateur. Le plus souvent, il s’agit du Comité de coordination régionale de la lutte contre le virus de l'immunodéficience humaine (Corevih), notamment composé de professionnels de santé d’un service d’infectiologie hospitalier. En revanche, dans d’autres régions, le choix a été fait de ne pas travailler avec le Corevih mais avec Sida infos service ou des associations locales de patients dont la compétence médicale est forcément moindre. Ce qui n’est pas tout à fait idoine quand elles sont sollicitées par des professionnels de santé, en l’occurrence des biologistes, en quête d’un modus operandi précis relatif à une prise en charge protocolisée. Pour autant, cela ne justifie en rien la volonté de ne pas s’approprier le VIH Test et de ne pas en être un acteur. Faut-il, en outre, rappeler que l’annonce du résultat, quel qu’il soit et pour une multitude de pathologies, fait partie intégrante du métier de biologiste ? 


Quid d’une formation des biologistes médicaux sur ce sujet ?

J.C. : Sa mise en place dépend de chaque région. Elle sera le fruit d’une concertation entre l’URPS, l’ARS et le Corevih.


En quoi l’adhésion des laboratoires à cette opération est-elle cruciale ?

J.C. : Parce qu’elle est une manière supplémentaire, pour la profession, de contribuer à la santé publique en dépistant une part plus importante de la population. L’apport des LBM permet de multiplier les points de dépistage. Il faut quand même savoir qu’à ce jour, les patients qui se font dépister dans le cadre du VIH Test représentent environ 7 à 8 % des sérologies VIH effectuées par les laboratoires.

La qualité du service assurée par les LBM au bénéfice des patients est-elle supérieure ?

J.C. : Oui. Auparavant, un dépistage gratuit existait certes déjà au sein des Centres gratuits d'information, de dépistage et de diagnostic (CeGIDD). Or, ceux-ci sont le plus souvent en nombre insuffisant dans les départements. Ils sont, de surcroît, ouverts à des horaires moins larges que les LBM. Sans compter un délai de rendu plus long qu’en laboratoire (J+1 contre J0) et pas forcément par voie dématérialisée.


Là encore, le faire savoir est aussi important que le savoir-faire…

J.C. : Tout à fait. L’enjeu du VIH Test est loin d’être anecdotique. C’est pourquoi les tutelles ont financé des campagnes de communication sous forme d’encarts dans la presse régionale ou d’affichage dans les abris bus, voire à l’arrière de ces derniers etc. De leur côté, plusieurs groupes de laboratoires ont également promu le dispositif dans leurs murs, là encore, sous forme d’affiches. 

SDB-Test-VIH_affiche-A3.png








Le SDB met à disposition une affiche format A3 (imprimable en A4 ou A3) pour ceux qui n’auraient pas encore d’affiches.

 

 

 

Tout sur la procédure Cnam de prise en charge

La Cnam diffuse cinq documents qui couvrent l'ensemble de la procédure de prise en charge des patients dans le cadre de VIH Test, de l'enregistrement du patient à sa réorientation pour prise en charge.

  1. Enregistrement des patients éligibles au dispositif VIH Test
  2. Procédure de vérification et de confirmation d’un résultat positif
  3. Navigation VIH Test
  4. Orientation des usagers VIH Test vers un CEGIDD ou CPEF
  5. Bloc VIH test à intégrer dans le compte-rendu du laboratoire quel que soit le résultat du Test VIH.  

Informations supplémentaires

  • Accès Restreint: non
Dernière modification le jeudi, 31 mars 2022